Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

larochelle.libertaire.overblog.com

Blog indépendant d'information sur le mouvement social en Charente-Maritime.

Publié le
Publié dans : #déchets incinérateur surgères environnement
Environnement : les déchets, un sujet brûlant

Alors que la préfète réunissait la commission départementale pour le plan, le collectif Alternatives Déchets 17 manifestait son impatience, mardi, devant la préfecture de La Rochelle.

Lors de la dernière session du Conseil général, Béatrice Abollivier, la préfète de Charente-Maritime l'a annoncé : le projet de plan départemental des déchets est relancé. Après s'être étonné des retards pris et que ce plan soit, ici, de la compétence de l'État alors qu'il est partout ailleurs de celle du Conseil général, la préfète a décidé de retrousser les manches et de venir à bout de ce vieux projet, sans cesse remis aux calendes grecques.

Son objectif : parvenir à le soumettre à enquête publique avant la fin du mois de septembre. D'où une accélération de la procédure qui a amené la représentante de l'État à convoquer, hier, la commission consultative pour faire avancer le dossier.

« À marche forcée »

« C'est un plan à marche forcée. On ne peut pas traiter de cette question si cruciale des déchets à la va-vite », soulignait Patrick Picaud, coordonnateur de Nature Environnement 17, association adhérente du collectif Alternatives déchets 17.

Une manifestation de ce collectif qui regroupe également Surgères Alerte, Paillé Alerte et Saintonge boisée vivante avait été organisée devant la préfecture pour faire pression sur la commission.

« Pourquoi prévoir trois incinérateurs alors que l'objectif est de réduire de 40 % les déchets à la source d'ici 2025 ? C'est complètement contradictoire. Un incinérateur, c'est une pompe à déchets. Il faut que ça tourne. S'il est surdimensionné, on devra l'alimenter quand même. Quitte à polluer. L'exemple de celui de Surgères est édifiant. Il a fini par exploser en crachant de la dioxine », poursuit Patrick Picaud, cependant que Pascal Dupuy, de Surgères Alerte, opinait du chef.

Et les récupérateurs de calories associés aux incinérateurs ? « Ce sont des alibis pour faire accepter les usines d'incinération », répondent en chœur les opposants à l'incinération à outrance.

Ils lui préfèrent la création d'un second centre d'enfouissement dans le département quitte à assumer la levée de bouclier de la commune qui serait désignée pour l'accueillir. « Si un centre d'enfouissement ne se remplit pas, ce n'est pas grave », note Patrick Picaud qui trouve aberrant que plus de 40 % des déchets ultimes traversent tout le département pour le centre d'enfouissement de Clérac.

« Alors que l'on demande aux particuliers de faire beaucoup d'efforts dans le tri de leurs déchets, les industriels ne veulent pas réduire le poids des leurs », poursuit le responsable de Nature Environnement 17. Selon le collectif, la responsabilité du retard pris dans l'organisation de la collecte, du tri, de la valorisation ou de l'élimination des déchets qu'ils soient ménagers ou industriels incombe au Conseil général qui aurait traîné des pieds pour s'en occuper. « Nous souhaitons que soit créé un syndicat mixte pour les déchets comme il vient de s'en créer pour la gestion des retenues d'eau. Il est imparfait mais au moins il existe. »

Collectivités déjà engagées

Quoi qu'il en soit, même dans l'urgence, le plan départemental en sommeil depuis 1996, est repris en main par les services de l'État.

Mais les cinq collectivités territoriales (1) qui se sont organisées depuis quinze ans pour quadriller leur territoire n'ont pas le sentiment, même sans plan départemental, d'être restées les deux pieds dans le même sabot. « Elles n'ont pas attendu la validation du plan pour s'engager en faveur de la réduction des déchets et de la valorisation », expliquent-elles dans un communiqué commun préalable à la réunion de la commission.

Naturellement, elles appuient à fond ce plan départemental en précisant que le projet prévoit une réduction « de 70 % des gaz à effet de serre, de 65 % des distances parcourues, de 44 % de la consommation d'eau et de 42 % du nombre de véhicules sur les routes » et que ce plan se situe « bien au-delà des objectifs du Grenelle de l'Environnement ». Le département produit actuellement plus de 450 000 tonnes de déchets. L'objectif du plan est de ne plus en produire que 272 000 en 2025.

Avec plus ou moins d'incinérateurs ? Tout le débat est là.

(1) Communauté d'agglomération de La Rochelle, Communauté de communes de Haute Saintonge, Smictom Vals Aunis et Syndicat intercommunautaire du littoral.

Source : Sud Ouest

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog