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larochelle.libertaire.overblog.com

Blog indépendant d'information sur le mouvement social en Charente-Maritime.

Publié le
Publié dans : #vol melon semussac Royan

Chaque été, la société Soldive se fait voler « des dizaines de tonnes » de melons sur les 6 000 tonnes qu'elle produit.

Passablement irrité, Antoine Martin, ces temps-ci. La saison du melon bat son plein, celle des vols aussi. Des vols de melons ? Pardi, oui, le melon se vole et le directeur du site charentais-maritime de Soldive, à Semussac, a parfois l'impression que la discipline est devenue un sport local bien institué. Chaque été, sur une production totale moyenne de 6 000 tonnes, « ce sont bien plusieurs dizaines de tonnes » du délicieux fruit à la chair orangée et sucrée qui transitent par les coffres des voitures de particuliers ou des fourgonnettes de bandes plus organisées.

« C'est la première fois »

Jusqu'à présent, Antoine Martin n'avait pas éprouvé le besoin de faire davantage de publicité au phénomène pourtant récurrent. Il semble pourtant prendre une telle ampleur cette saison que le directeur de Soldive en Charente-Maritime se fait un plaisir de parler de « ces gens avec des grosses voitures et des enfants très habillés » qui viennent se servir dans les champs. « Quand on les surprend, eux, on ne leur demande pas de payer. On se permet de leur faire la morale sur l'exemple qu'ils sont en train de donner à leurs enfants. »

On trouve de tout, parmi les voleurs de melons. « Beaucoup de particuliers. Des locaux, qui nous jurent, quand on les attrape, que "c'est la première fois". Des vacanciers, qui voulaient "voir à quoi ressemble un champ de melons" et en cueillent quelques-uns au passage. »

Jusqu'à 300 salariés

Souvent, ces particuliers s'approvisionnant pour leur consommation personnelle minimisent la portée de leur geste : « Oh, ce n'était qu'un ou deux melons. Vous en avez des champs entiers. » Justement, ne manque jamais de leur rappeler Antoine Martin ou ses employés. Soldive cultive ses melons à des fins commerciales. « Je leur demande souvent s'ils apprécieraient que je rentre dans leur jardin et que je leur prenne leurs tomates. Ils me répondent que "ce n'est pas la même chose". » De fait, le préjudice n'aura pas la même incidence. « Nous, en pleine saison (1), comme c'est le cas actuellement, nous employons jusqu'à 300 personnes. »

Soldive exploite 330 hectares de terres dédiées au melon, sur 20 parcelles éclatées sur huit communes du Pays royannais. « Ça fait beaucoup de champs à piller. » Un qualificatif qui sied à une autre catégorie de voleurs, plus organisés, plus méthodiques, plus néfastes, donc, mais bien difficiles à surprendre sur le fait. « On soupçonne notamment des revendeurs qu'on voit l'été sur les bords des routes ou sur les petits marchés de s'approvisionner chez nous. » Antoine Martin a beau « renforcer les moyens de surveillance, organiser des patrouilles de nuit avec les employés », il n'a jamais pris sur le fait ces bandes organisées.

Les particuliers, eux, se font plus régulièrement surprendre… ou dénoncer. « On nous appelle pour nous signaler un vol et nous donner le modèle et l'immatriculation du véhicule. Je porte plainte systématiquement. Quand la gendarmerie les contacte, les gens reconnaissent toujours et acceptent de payer. Il faut vraiment qu'ils réalisent qu'ils risquent gros pour pas grand-chose. » En vente directe, à Semussac, Soldive vend ses melons 1 euro pièce. Maigre économie, de fait, que d'en voler quatre ou cinq. « Et ce ne sont pas les plus nécessiteux qui nous pillent », assure en plus Antoine Martin.

(1) Le melon se cultive généralement de fin juin à fin septembre.

Source : Presse antivol (Sud Ouest)

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