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Blog indépendant d'information sur le mouvement social en Charente-Maritime.

Publié le
Affaire Soisson (Royan) : expulsion et nettoyage

Bernard Soisson a été expulsé sur décision de justice, hier matin.

Des palettes de bois à perte de vue. Une odeur nauséabonde. Hier matin, un huissier de justice, Maître Bertrand Bailly, a procédé à l'expulsion locative de Bernard Soisson au 52, avenue Louis-Bouchet, à Royan, avec le concours de la police. Des employés municipaux étaient également présents pour entamer le nettoyage des 3 500 mètres carrés de terrain.

Mais ce ne sera pas une mince affaire. Le terrain est encombré par une « accumulation anarchique de palettes en bois », précise la mairie, dans un communiqué de presse. D'autres déchets viennent compléter ce cimetière à palettes improvisé. En 2010, la mairie avait fait l'acquisition du terrain lors d'une « vente sur saisie immobilière », c'est-à-dire une vente forcée du terrain. Un premier nettoyage avait été effectué, en février de l'année passée, pour près de 30 000 euros.

Du grillage autour du terrain

Hier matin, Bernard Soisson a rassemblé ses affaires - il vivait dans un mobil-home sur le terrain - et s'en est allé. Mais pas pour plus de quelques minutes. L'homme est, en effet, revenu deux ou trois fois en une heure et demi. Sa camionnette garée de l'autre côté de la rue, il disparaît parmi les débris de son terrain. À deux reprises, il vient d'abord chercher un tire-palettes manuel, puis recharge l'électrique. Mais il ne semble pas décider à partir. Pour éviter qu'il ne se réinstalle, la mairie a prévu de mettre du grillage autour du terrain. Mais les entrées sont nombreuses et la tâche compliquée. Dans un premier temps, les employés du centre technique municipal ont barricadé le mobil-home de Bernard Soisson. L'homme a un mois pour revenir chercher ses biens et récupérer, s'il le souhaite, ses palettes qui seront stockées pour cette durée.

Des brigades vertes

Pour le déblayage, la mairie a mobilisé les brigades vertes. Ils sont sept pour vider le terrain. Une benne a été installée sur le trottoir et les palettes seront ensuite transportées. Car pour l'instant, la mairie ne peut rien faire d'autre. « Sans raison valable, on ne peut rien détruire. Cela se fait uniquement sur autorisation du juge », précise maître Bailly. Le terrain est immense et le travail colossal. La dernière fois, enlever les palettes avait pris deux semaines complètes et bien plus pour nettoyer complètement. Cette fois, le temps investi devrait être le même, la facture également. « Il y en a à perte de vue. Je ne pensais pas qu'il y en avait autant. » La réaction est générale. Pour la mairie, maintenant, il s'agit de « récupérer la pleine jouissance du terrain », qui lui appartient depuis près de deux ans, explique Jean-Hubert Lelièvre, directeur de cabinet du maire de Royan.

Les mises en demeure et les opérations passées n'ont pas eu d'impact sur Bernard Soisson. « Les pourparlers ont échoué et les services municipaux ont dû se résoudre à lancer une procédure d'expulsion », déclare la mairie, dans un communiqué. Elle précise également qu'un « appartement situé à l'aérodrome de Royan-Médis a été proposé à M. Soisson ». Interrogé sur la question, Bernard Soisson dit avoir refuser l'offre. Lorsqu'on lui demande où il va aller maintenant, l'homme ne répond pas et s'éloigne.

Des voisins satisfaits

Dans son communiqué, la mairie précise que l'opération était absolument nécessaire de par la « proximité d'une zone commerciale et résidentielle, (qui) fait courir un risque d'incendie non négligeable ». Même si le temps n'est pas propice à un tel danger, le risque existait. Les voisins se disent satisfaits de l'expulsion.

Rien contre M. Soisson mais de l'inquiétude quant à la salubrité et la sécurité du terrain. « C'est dégoûtant. Cette année, il y a plus de mouches car il y a plus d'animaux », explique Mme Cadet, dont le mur mitoyen au terrain se fend sous la pression des arbres en friche. Ces derniers, touchés par la dernière tempête, ont des branches qui menacent de tomber et cela inquiète cette voisine. Contre les animaux, elle avait une solution simple, qui ne lui coûtait pas vraiment. « On fermait les fenêtres pour ne pas les entendre. » Elle n'aura plus à le faire désormais.

Une nouvelle étape s'ouvre dans cette affaire qui dure depuis une dizaine d'années. Mais l'interrogation reste entière de savoir si oui ou non Bernard Soisson tentera de se réinstaller.

Source : Sud Ouest

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